« Deviens mère et tu deviendras femme »

Image d'illustration pour article Illustration article "Deviens mère et tu deviendras femme"

On nous répète depuis la nuit des temps que notre corps tout entier n’attend que ce moment-là, qu’il prépare inlassablement sa mécanique cyclique à son interruption, pour qu’à l’absence d’ovulation et de règles se substitue la présence d’un embryon.

« Il n’y a de femmes que parce qu’il y a des mères » pourrait-on presque les entendre dire, si bien qu’on croie notre corps déjà prêt, déjà apte à jouer la partition du siècle quand le désire d’enfant s’insinue, quand les « planètes s’alignent ».

C’est là que le bât blesse : quand ce corps qu’on nous avait assuré parfaitement équipé, presque infaillible, pour fabriquer puis enfanter se met à dérailler. Quand les mois défilent et que l’utérus demeure vide ou quand la conception a lieu mais que cet utérus devient hostile. Et que ça fait mal de savoir son enfant prisonnier d’un environnement fantasque et nuisible.

Je ne m’attendais certainement pas à ce que mon enveloppe puisse être l’un de ces environnements-là jusqu’à ce qu’on intensifie mon suivi et me parle même de déclenchement avant terme pour que mon fils cesse de souffrir.

Mon corps n’était peut-être pas prêt. Ou était-ce dans la tête que je ne l’étais pas ? En tout cas, les planètes ont refusé de s’aligner. Et ce n’est pas sans peine que j’ai pu associer les mots « femme » et « maternité« .