« C’est votre premier enfant, n’est-ce pas ? »

Photo d'illustration pour l'article du blog parentintraining.net

Il y a peu de temps, une amie et moi avons tenu un mini-conseil de crise. Un joyeux défouloir au cours duquel la censure n’a pas eu sa place et la laisse qui raidit habituellement notre cou a été jetée aux orties.

Tout y est passé. Si bien que le cahier des doléances a fini par être saturé. Et en tête des récriminations de mon amie, cette phrase, tantôt moqueuse, tantôt cinglante, chez beaucoup de membres du personnel de santé : « C’est votre premier enfant, n’est-ce pas ? »

Parce que cette phrase, dans son cas, n’a presque jamais mené à plus de compréhension et de compassion mais à un agacement croissant et beaucoup d’empressement.
Agacement parce qu’il a fallu expliquer, et dans le détail, ce à quoi les premiers-ères jours/semaines/mois pourraient ressembler à une personne pour qui l’expérience était inédite quand pour eux, ça n’était que de la redite.

Empressement parce que les questions se bousculaient et que 95 % d’entre elles paraissaient stupides pour ces mêmes professionnels.
Le bal des patients a sans doute façonné chez eux une logique qu’ils pensaient universelle jusqu’à ce qu’ils tombent sur des primipares comme nous chez qui la logique est loin d’être la même. Et alors, la même étiquette que l’un des personnages de Monsieur/Madame nous est réservée, « casse-pied », avant, en ce qui la concerne, d’être rabrouée de toute part.

On dit souvent qu’un solide soutien de la famille dans les mois qui succèdent l’arrivée d’un bébé est primordial, mais l’appui de l’équipe de santé que l’on rencontre au moins mensuellement peut aussi changer la donne, positivement, pour peu que les personnes qui la composent se rappellent les raisons qui les ont poussées à exercer leur métier en premier lieu.