Et si je dilapidais le « capital joie » de mon bébé ?

Photo d'illustration pour le blog parentintraining.net

Avec le développement galopant de mon enfant, une angoisse omniprésente : « et si malgré moi je tarissais son « capital joie » au profit de son « capital frustration » ? »

J’ai beau faire de l’ « hyperdisponibilité » mon fer de lance et essayer d’accourir au moindre gémissement, il reste que mon petit devient de plus en plus sensible à son environnement et est friand de nouvelles activités récréatives avec moi, avec nous. De celles qui nécessitent qu’on se départe de nos automatismes — changer la couche, donner à manger, faire dormir — pour s’investir davantage et embrasser notre créativité. Et c’est précisément là que résident mes limites et mes difficultés. 

Peut-être le ressent-il quand il sourit pour me solliciter et que je peine à camoufler ma mine renfrognée parce que tout ce à quoi je songe, c’est à cet environnement justement que je suis en train de lui imposer : un air beaucoup trop pollué, des espaces de vie bien trop restreints et surtout, une mère tourmentée. Présente en théorie, absente dans les faits quand mon esprit est ailleurs, attentif à mes voix intérieures assassines.

Peut-être le ressent-il quand je ne suis que faux-semblant, que le sourire que je lui renvoie est feint et que je ne suis plus en mesure de donner le meilleur de moi-même. Et alors, comme pour se mettre au diapason, sa frustration se substitue-t-elle à sa gaieté ?

Ce petit enfant à qui je voudrais pourtant tout épargner pour que son « capital joie » ne tarisse jamais.