Mon allaitement au sein : cesser de tout contrôler pour mieux apprécier

Photo d'illustration article "Mon allaitement au sein : cesser de tout contrôler pour mieux apprécier", blog parentintraining.net

Je crois n’avoir abordé qu’une seule fois ou deux mon allaitement sur Instagram alors qu’il est une part importante de la relation que j’entretiens avec mon fils.
Je lis avec intérêt les publications s’y rapportant mais me garde bien souvent d’intervenir, essentiellement parce que la carte de la « culpabilité » est brandie presque systématiquement et qu’une discussion ne va pas bien loin lorsque l’un des interlocuteurs est sur la défensive.

Ici, ma parole se libère un peu plus parce que cet espace « m’appartient » et j’espère évidente l’envie de ne froisser personne.

J’ai toujours cru que ma mère nous avait allaités longtemps mes frères et moi alors que nous avons été nourris au biberon dès le deuxième mois. Les médecins l’avaient encouragée en ce sens à la suite de chacun de ses accouchements, très difficiles, et l’avaient persuadée qu’elle n’avait pas suffisamment de lait pour bien nous faire grandir. 

« Je donnais, sans trop réfléchir, le sein dès lors que mon bébé pleurait »

C’est avec cette idée faussée en tête et l’image de ma mère donnant le sein à mon petit frère que j’ai envisagé mon propre allaitement. Il ne pouvait en être autrement. Je ne m’étais aucunement renseignée sur ce que j’allais vivre, me suis laissée porter jusqu’à la naissance où instinctivement, j’ai donné le sein à mon garçon quelques minutes seulement après son arrivée parmi nous. Et d’ailleurs, tout au long de mon séjour à la maternité — qui dure en général 24h en Angleterre et qui a duré un peu plus de 32h pour moi — je donnais, sans trop réfléchir, le sein dès lors que mon bébé pleurait. C’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai commencé à avoir les mamelles enflammées, mon bébé tétait — et tète toujours — goulûment.

Les vraies difficultés ont commencé lorsque mon fils a eu la jaunisse et que l’une des sages-femmes de passage à la maison a insinué, comme les médecins l’avaient fait avec ma mère plusieurs décennies auparavant, que je n’avais sans doute pas assez de lait et qu’il serait peut-être bon que je le tire pour complémenter mes apports lactés au biberon.

J’ai d’abord écouté attentivement la sage-femme, soucieuse du bien-être de mon petit, puis ai fini par me passer du tire-lait et de ses conseils pour deux raisons : la première étant que mon bébé n’avait perdu que 90 g le jour de sa sortie avant de reprendre du poids assez rapidement. La seconde étant que la logique de cette femme n’était pas la mienne : si je pouvais donner le sein pourquoi tirer mon lait ?

« L’ironie du sort veut que mon fils tète autant si ce n’est davantage qu’avant… »

Une première transgression qui a sans doute permis la poursuite de cette aventure. Qui sait où les compléments donnés au biberon nous auraient menés.

Ceci étant dit, l’aventure n’est pas de tout repos et je me revois encore les toutes premières semaines compter les jours qui me séparent de mon objectif initial : 6 mois d’allaitement exclusif. Je me rappelle aussi avoir lu que les enfants allaités tétaient en moyenne toutes les deux heures durant la journée quand je pouvais donner le sein toutes les 5 minutes. Je me rappelle encore de données faisant état de deux réveils par nuit en moyenne pour ces mêmes bébés quand j’arrêtais de compter après 6 tétées. Et que dire de ces fameuses poussées de croissance, de ces périodes de dédoublement de gencives, de ces dents qui poussent et qui nécessitent toujours plus de tétées. Toutes ces choses qui m’ont fait espérer que la diversification alimentaire ralentirait un peu le rythme.

L’ironie du sort veut mon fils tète autant si ce n’est davantage qu’avant depuis que les solides ont été introduits. Il a pris l’habitude de boire entre les cuillerées pour faire passer la nourriture, même mixée. La bonne nouvelle est que ça fait un petit moment que j’ai arrêté de me soucier du nombre de tétées et de la durée de mon allaitement pour vraiment apprécier les moments si particuliers que je vis avec lui et grâce à lui. 

Parce qu’il est important d’être informé(e), je vous conseille, pour aller plus loin, de consulter le site de la Leche League France.